Anakot Angkor

L'ONG a fermé ses portes définitivement.

12 juillet 2007

Création de l'ONG

Malgré le développement des hôtels de luxe, l'arrivée inexorable des voitures et du plastique, de quelques bars pour expatriés, la grâce et la simplicité des khmers sont toujours présentes.

Le pays où règnent dans les temples, parfois encore enfouis dans la forêt, les dieux hindous et le Bouddha, n'a pas perdu son parfum d'éternité.

Malgré l'atrocité qu'il a connue, le Cambodge reste fascinant. C'est d'ailleurs le charme de l'Asie où tout est mystérieux, parfois incompréhensible, où le danger est violent, inattendu, mais où tout le reste est un terrain de jeu permanent.
Quelle chance quand on travaille avec les khmers, de quitter la petite ville de Siem Reap et de courir dans les rizières, lumineuses, baignées de soleil verdoyant. Après la mousson, tout est lumière, l'eau est partout, des grandes ondes molles et boueuses du lac sur lesquelles flottent les villages de pêcheurs à la forêt noyée sous la végétation.

Il y a du bonheur à rouler entre les buffles, les palmiers à sucre, les maisons sur pilotis, de lever les canards sauvages.
Les garçons et les filles ont de larges sourires. On fait la fête avec trois fois rien, quelques poissons séchés, serpents ou mygales grillés, soupe de fourmis, être heureux n'a pas de prix.

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Photo Eric Llopis

A la saison où l'on coupe le riz, les enfants jouent à cache-cache dans les rizières. Ils se marrent de l'étranger qui passe, grand, petit, pâle ou barbu.

Si la forêt recule toujours chaque année, le monde atroce des mines aussi, et l'on redécouvre un univers plein de bruit d'animaux colorés, de singes coléreux et farceurs, de perroquets qui jacassent, de cigales qui sifflent de manière assourdissante.

Les énormes fromagers blancs digèrent la pierre encastrée des temples. Leurs racines rampent autour des colonnes des portiques.

Là-bas, sur la route de la digue, il y a le va-et-vient de la multitude de vélo, des marchands, des bandits, entre la ville et les bateaux d'hier qui remontent encore le lac dans une atmosphère de décomposition et de fièvre.

Face à une condition humaine laminée, le comportement parfois déroutant de ces hommes et de ces femmes, entre clin d'œil humoristique et exemplarité, vous surprendra aussi.

Malgré la pauvreté et après les tourments de la guerre, il y a au soleil levant des hommes et des femmes qui ont toujours le sourire. Certes ces gens ne font pas la fête toute la nuit. Ici, ils sont plus fourmis et moins cigales, c'est différent d’ailleurs, c'est un autre bonheur.

Voila Anakot Angkor est né de tout cela. Comme une évidence interrogative : Difficile d’expliquer ce qui vous pousse un jour à prendre votre courage à deux mains.

Au delà de la nécessité d’entreprendre certainement d’un peu de cette responsabilité qui envahit l’amateur éclairé ou le professionnel.

Parce que plus jeunes, on a ailleurs rencontré cette nécessité de vibrer et mordre à l'engouement qui renaît. Une sorte d’auto régénérescence.

Une sorte de devoir qu’impose l’attachement au patrimoine angkorien, au partage du quotidien khmer.
Comme si la participation à la rencontre, au partage, à la reconstruction vous parcourez du désir de contribuerait à raviver la dynamique de vie, mise à sac par la guerre.

Certainement parce qu’il reste chez les khmers ce désir immuable de sourire à la vie et de partager les émotions.
Parce que nous sommes un groupe de femmes et d’homme qui ont le goût de l’aventure humaine motivée principalement par le lien qui nous unit aux communautés villageoises autour d’Angkor, avec qui nous travaillons et qui nous connaissent depuis maintenant depuis plusieurs années.

Parce que leur énergie à survivre nous a donné une leçon d’humilité dont nous sommes aujourd’hui encore imprégnés. Cette leçon a forgé en nous la nécessité d’intervenir dans le processus de mise en route de projet conçu dans un esprit d’aide au développement.

Eric Llopis

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